31 janvier 2019 Article

Housing First, un changement de référentiel dans la lutte contre ­l’exclusion du logement

Swiss Arch Neurol Psychiatr Psychother. 2018;169(07):198-207
Olivier Schmid, Charles Bonsack

Un modèle répondant aux besoins des sans-abri «résistants au traitement» ou «pas prêts pour le logement»

L’accès et le maintien au logement des sans-abris souffrant de problèmes de santé mentale et d’addiction se heurtent à un double constat d’échec: l’échec de tentatives de fournir simplement un logement et de le maintenir ; et l’échec d’un processus par paliers passant par un hébergement collectif. Le modèle « housing first » vise à répondre aux besoins de ces sans abris « résistants au traitement » ou « pas prêts pour le logement » qui ne peuvent pas accéder aux programmes existants. Le modèle est fondé sur la conviction que le logement est un droit fondamental nécessaire au rétablissement. Ses résultats probants l’ont amené à être adopté largement aux Etats-Unis et en Europe, mais dont le développement reste limité en Suisse. L’objectif de cet article est de discuter l’implantation du modèle du housing first à partir des notions « de problèmes sociaux » dans une perspective constructiviste et de « référentiel de politiques publiques ». Dans le cas du housing first, un nouveau référentiel résulte de l’invalidation des fondements d’une politique publique antérieure par ses résultats concrets. La reconnaissance d’un modèle par une politique publique produit du sens, mais aussi du pouvoir. A l’instar des politiques des drogues, un changement de paradigme vers le housing first nécessiterait un réaménagement de l’organisation des soins et de l’hébergement des sans-abris souffrant de problèmes de santé mentale et d’addiction, et développerait de nouveaux services qui pourraient devenir une nouvelle norme.(en français)

 

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